Quels sont les effets de GénieArts sur le comportement en classe et la persévérance scolaire?
Cet
hiver, GénieArts a lancé un nouveau projet de recherche de deux ans
dans le but d'étudier le rendement de notre approche sur le
comportement et le taux de persévérance scolaire des enfants et des
jeunes du Québec. GénieArts a
démontré son habileté à augmenter l'engagement étudiant quant à
leur apprentissage et a dirigé la création de ce projet de
recherche d'envergure provinciale avec l'aide des commissions
scolaires anglophones.
« Ceci nous permet de faire notre recherche plus en profondeur »,
explique Annalee Adair, directrice générale de GénieArts. « Les
preuves empiriques réunies au cours de 10 dernières années montrent
que certains des plus grands changements apportés par GénieArts
dans les classes touchent le comportement et la persévérance. Ce
partenariat nous permettra de nous concentrer sur l'étude des
effets de l'approche de GénieArts dans ces domaines. »
L'état de l'éducation au Québec
Les taux d'obtention de diplôme ont toujours été un sujet
d'importance pour les Ministères de l'Éducation du pays. À
l'automne 2008, le haut taux de décrochage chez les étudiants
francophones du Québec, principalement chez les garçons, a été
l'objet d'études consciencieuses dans la province.
Jacques Parizeau, ancien premier ministre du Québec, citait, dans un article,
les statistiques gouvernementales sur les taux d'obtention de
diplôme tells qu'ils étaient en 2007. Ces statistiques montraient
de 63 % des filles et seulement 49 % des garçons avaient obtenu
leur diplôme sept ans après avoir commencé leurs études secondaires
dans les écoles publiques francophones de Montréal. Les mêmes
statistiques pour les écoles publiques anglaises étaient de 86 %
pour les filles et 79 % pour les garçons (
Richards, 2009).
Parallèlement à la question du décrochage, les professeurs du
Québec sont préoccupés par la question des techniques
d'enseignement à adopter pour gérer des groupes d'étudiants
différents. Depuis plus de 20 ans, les commissions scolaires
anglophones ont adopté et intégré une approche qui réunit, dans la
même classe, des étudiants avec des besoins en apprentissages
différents. La principale inquiétude est que les étudiants qui ont
des problèmes comportementaux empêchent les autres étudiants
d'apprendre.
« Certains des comportements que les gens considèrent comme
problématiques découlent du manque d'engagement de l'enfant dans la
classe », dit Julie Hobbs, chef d'équipe au sein de
l'équipe de personnes-ressources en accompagnement des
gestionnaires scolaires, qui dirige les écoles au cours de ce
projet. « Si nous réussissons à engager ces enfants, nous serons
peut-être en mesure alors d'éliminer une partie de ces
comportements plus difficiles. »
C'est ici
que GénieArts entre en scène.
GénieArts fait partie des écoles québécoises par l'entremise de la
commission scolaire Riverside depuis 2000. Entre 2000 et 2009, la
commission
scolaire Riverside a mis sur pied plus de 200 projets
GénieArts, et s'est jointe, cette année, au mouvement
provincial maintenant connu sous le nom de GénieArts Québec.
Les effets de GénieArts sur le
comportement
Comme chaque projet GénieArts commence par une question, ce projet
de recherche a commencé par la GRANDE question : quels sont les
effets de l'approche GénieArts sur le comportement dans les «
classes inclusives »?
Cette recherche permet à GénieArts d'implanter son approche dans 9
des 10 commissions scolaires anglophones du Québec à l'aide de 20
projets différents. Certains des projets se déroulent dans une
seule classe, d'autres englobent plusieurs années scolaires, et
quelques-uns transforment leur projet en une occasion pour toute
l'école de s'investir. Nous prévoyons que plus de 1 500 étudiants
participeront, cette année, à un projet GénieArts.
Même si GénieArts a intégré un élément de recherche à ses projets
depuis 2007, cette collaboration avec les commissions scolaires
anglophones du Québec nous permet de mener notre recherche à un
autre niveau en nous donnant l'occasion de valider les preuves
empiriques que nous avons recueillies au cours des 10 dernières
années.
Dans le but de répondre aux exigences spécifiques des commissions
scolaires, nous avons apporté des modifications aux instruments de
recherche de GénieArts.
« Le formulaire de contrôle du comportement a été adapté et il est complété par un formulaire d'observation ainsi qu'une procédure pour les entrevues. De plus, nous avons ajouté des indications sur les aspirations liées à la persévérance scolaire », explique Adair.
Styles d'apprentissages
Les styles d'apprentissages mettent l'accent sur le fait que les
individus reçoivent et interprètent l'information de façons très
différentes. Cette théorie reconnaît que l'approche de chaque
étudiant quant à son apprentissage est unique et est fondée sur
leurs forces, leurs faiblesses et leurs préférences. Environ 30 %
des étudiants d'âge primaire et secondaire sont visuels, 25 % sont
auditifs, 15 % sont kinesthésiques et 30 % utilisent plusieurs
styles (Barbe and Milone,
1980).
Selon Hobb, le style auditif, qu'elle appelle « approche craie et
parole », est prédominant dans le système scolaire québécois. « Les
étudiants qui ont d'autres styles d'apprentissages n'apprennent pas
efficacement par cette approche auditive et ils ne sont pas
intéressés à apprendre s'ils ne peuvent pas mettre la main à la
pâte, dit-elle. J'ai appris avec GénieArts qu'un professeur qui
marche en classe attire l'attention des étudiants et ceux-ci
veulent venir à l'école. »
Les enfants qui bénéficient de l'approche pratique de GénieArts
sont ceux qu'on considère « à risque » ou « marginaux ».
GénieArts et pratiques de l'enseignement
Pour pouvoir étudier les effets de l'approche GénieArts sur le
comportement et l'apprentissage, les professeurs doivent
premièrement implanter cette approche dans leur classe. C'est cet
aspect qui a été le plus grand défi du projet de recherche.
Même si la méthode d'apprentissage par la recherche est familière
aux professeurs, le fait de travailler de concert avec un autre
adulte, qui est un artiste, ne l'est pas et demande quantité
d'encadrement et de soutien. La difficulté réside dans le fait que
le professeur doit abandonner une partie de son contrôle, ce qui ne
leur est pas nécessairement naturel.
GénieArts
demande aux professeurs de partager la responsabilité de la
création et du développement du projet avec l'artiste et leurs
étudiants. Les étudiants sont témoins directs de la résolution de
problèmes et la collaboration entre le professeur et l'artiste sur
les détails du projet. Ceux-ci deviennent donc des exemples des
aptitudes que les enfants doivent acquérir au cours de leur
apprentissage du 21e siècle.
« Pour la plupart des enseignants, passer de leur rôle de chef de
classe à celui de facilitateur et de participant à l'apprentissage
est la plus grande difficulté de l'implantation de l'approche
GénieArts, dit Hobbs. » Ce n'est pas une approche verticale, mais
elle est plutôt horizontale.
En changeant leurs pratiques, les professeurs commencent aussi à
intégrer plusieurs styles d'apprentissage comme la méthode
d'enquête des projets GénieArts le demande. C'est ce qu'on appelle
souvent l'enseignement différentiel, où plusieurs chemins sont
créés pour que les étudiants qui ont différents intérêts, habiletés
ou besoins d'apprentissage profitent de la même façon de techniques
appropriées d'absorption, d'utilisation, de mise sur pied et de
présentation de concepts à l'intérieur d'une journée
d'apprentissage. Ce type d'enseignement permet aux étudiants de
prendre plus de responsabilités quant à leur apprentissage et offre
des occasions d'enseignement entre camarades et de travail en
équipe.
Ce qui se passe dans les classes jusqu'à
maintenant
Bien qu'il soit tôt dans la première année de cette recherche,
Hobbs entend déjà parler que des changements s'installent dans les
classes. Les professeurs rapportent que les enfants entreprennent
leurs projets en classe avec plus de motivation et d'intérêt, il y
a moins de perturbation en classe et le taux de présence
augmente.
« À long terme, je veux que chaque classe fasse l'expérience de
l'enseignement différé, déclare Hobbs. Cette méthode aide tous les
étudiants à apprendre et fournit aux professeurs une approche qui
rejoint leurs différents étudiants. »
GénieArts et l'équipe de personnes-ressources en accompagnement
des gestionnaires scolaires publieront un rapport sur la première
année à l'automne 2010.













